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le vol

Projet réalisé en 2011 et présenté du 2 au 13 novembre 2015 à la Mairie du 1er arrondissement de Lyon (France) en résonance avec la 13ième Biennale d’Art Contemporain de Lyon.


Ce projet a pris forme en plusieurs étapes avec, tout d’abord, le choix d’un ouvrage de la littérature française d’un auteur majeur du début du vingtième siècle (« L’enfer » de Henri Barbusse) – pour le sujet du voyeurisme particulièrement actuel sur lequel repose son intrigue (un homme solitaire enfermé dans une chambre d’hôtel observe à l’insu de leurs protagonistes les scènes qui se déroulent dans la chambre d’à-côté) mais également pour ce qu’elle représente en tant qu’objet édité – et son appropriation au sens littéral. Ainsi, reprenant le texte à mon compte à partir de la version numérique disponible sur Internet, je l’ai proposé en tant que manuscrit aux principaux éditeurs français (dont Albin Michel, éditeur actuel de Henri Barbusse) comme « Le Vol, roman du vingtième siècle » de Djan Silveberg, sans y avoir apporté la moindre modification. Face aux refus unanimes reçus en retour, j’ai fait procéder à l’édition de cette nouvelle version du livre, générant par ce fait une œuvre nouvelle à partir d’une ancienne.


« Le Vol » est un projet palimpseste sur la mutation conçu pour questionner tout à la fois l’appropriation intellectuelle et le voyeurisme de la société actuelle. Il repose sur la mise en lumière de différents aspects de notre société contemporaine et interroge les automatismes du monde éditorial, les limites des nouvelles formes de création ainsi que l’oubli généralisé, voire l’obsolescence, d’une œuvre.

J’ai souhaité à travers ce projet ouvrir une double réflexion aux dimensions sociologiques et philosophiques. Mélange d’une forme de voyeurisme et d’exhibitionnisme, les émissions télévisées de télé-réalité, phénomène ayant explosé depuis le début des années 2000, donnent aux spectateurs (à travers la possibilité de suivre la vie quotidienne d’individus généralement ordinaires ou de célébrités mises en scène hors de leur contexte public habituel) l’impression d’observer secrètement l’intimité des participants dans un environnement où fiction et réalité se trouvent souvent mêlées. Le sujet du livre de Henri Barbusse fait écho à ce phénomène d’une manière particulièrement édifiante.

Par ailleurs, l’accès global et instantané à l’information, autre caractéristique du monde dans lequel nous évoluons, et les solutions technologiques actuelles rendent possible l’appropriation par tout un chacun des créations d'autrui (œuvres numérisées librement disponibles légalement ou non sur Internet, généralisation des imprimantes et logiciels professionnels, etc.), bousculant les valeurs établies, brouillant la frontière entre l’autorisé et l’interdit, véhiculant la nouvelle norme morale d’une société de récupération et d’appropriation.


« Je crois à une forme haute du poème, à l’œuvre où la beauté se mêlera aux croyances. Plus je m’en sens incapable, plus je la crois possible. Cette morne splendeur dont certains de mes souvenirs m’accablent, me montre de loin qu’elle est possible. J’ai été parfois, moi, du sublime, du chef-d’œuvre. Parfois mes visions se sont mêlées d’un frisson d’évidence si fort et si créateur, que la chambre tout entière en a tressailli comme un bois et qu’il y a eu en vérité des moments où le silence criait. Mais tout cela, je l’ai volé. Je ne l’ai pas conquis, j’en ai profité, grâce à l’impudeur de la vérité, qui s’est montrée. Au point du temps et de l’espace où, par hasard, je me trouvais, je n’ai eu qu’à ouvrir mes yeux, et qu’à tendre mes mains de mendiant, pour faire plus qu’un rêve et presque une œuvre. Ce que j’ai vu va disparaître, puisque je n’en ferai rien. Je suis comme une mère dont le fruit de chair périra après avoir été. Qu’importe ! J’ai eu l’annonciation de ce qu’il y aurait de plus beau. À travers moi est passée, sans m’arrêter, la parole, le verbe, qui ne ment pas et qui, redit, rassasiera. »


Ce projet a fait l’objet de :

• L’édition de deux ouvrages « Le Vol, roman du vingtième siècle », 255 pages, éditions Odes & Chimères, 2015, ISBN 2-911795-01-6 et « Corpus Delicti », 62 pages, éditions Odes & Chimères, 2015, ISBN 2-911795-02-4. Ces deux livres, édités en 300 exemplaires, numérotés et signés, et présentés ensembles dans un étui spécifique, constituent à la fois l’objet produit par le projet et la trace écrite qui le documente.

• Une exposition du 2 au 13 novembre 2015 à la Mairie du 1er arrondissement de Lyon en résonance avec la 13ième Biennale d’Art Contemporain de Lyon. La communication presse de cette exposition s’est faite sous forme de lettres anonymes réalisées à l’aide de papier journal découpé.

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