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arbeit macht frei - 01

Intervention de type happening/performance réalisée le 19 juin 2015 sur la Messeplatz de Bâle (Suisse), à l'entrée de la foire internationale d'Art Contemporain Art Basel qui s'y tenait du 18 au 21 juin 2015.


Premier volet de la série d’interventions artistiques «Arbeit Macht Frei», développée autour de l’idée du travail, de la valeur Travail à une époque de crise et dans notre société de performance, avec une mise en abîme sur la valorisation du travail de l’artiste, sa visibilité, sur ce qu’il doit faire pour exister à travers le regard des autres. Le travail de l’artiste est-il seul gage de sa liberté ou bien est-ce un leurre face au diktat du marché de l’art. Le titre « Arbeit Macht Frei » fait directement référence à cette ambivalence Art/Travail/Marché/Liberté, l’expression vantant les vertus de la réinsertion par le travail, adoptée par les nazis lors de leur accession au pouvoir en 1933 et apposée à l’entrée de camps de concentration, puis reprise par d'autres régimes totalitaires, étant finalement devenue l’archétype même du cynisme appliqué à la liberté individuelle.

Les grandes foires et certains événements internationaux hypermédiatisés du monde l’art, qui confirment et renforcent les lois du marché, tendent à présenter aux yeux du public une vision de l’Art limitée par les contraintes et impératifs mercantiles de ce type d’exercice. Les galeries présentes ont tendance à ne sélectionner pour les foires que les œuvres qui correspondent à ce qui est attendu du plus grand nombre, appliquant à elle-même une forme d’auto-censure. D’où cette impression de déjà vu que l’on peut avoir lorsque l’on parcourt régulièrement les différentes foires, avec une concentration du marché autour d’un nombre limité d’artistes, et des œuvres tendant à l’homogénéité et à l’acceptabilité la plus large. L’artiste et son travail s’effacent au profit de l’« œuvre-produit » que l’on vient voir et consommer comme les dernière tendances à la mode. A travers leur hyper-médiatisation, les foires d’art internationales véhiculent aujourd’hui auprès du grand public l’image que l’Art-qui-est-digne-d’intérêt se résume à ce qu’elles présentent, résultant au final à un auto-renforcement du marché autour d’un nombre limité d’artistes. Ces quelques événements internationaux définissent dans la société actuelle le cadre normatif de ce qui est attendu comme jadis à Paris le Salon dictait les normes acceptables et les attentes convenues de l’Art de l’époque.


Ce projet a fait l’objet de :

• La réalisation de photos et de vidéos à des fins de documentation.

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