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arbeit macht frei - 01

Offensive perturbationniste réalisée le 19 juin 2015 sur la Messeplatz de Bâle (Suisse), à l'entrée de la foire internationale d'Art Contemporain Art Basel, qui s'y tenait du 18 au 21 juin 2015.


Premier volet de la série d’offensives perturbationnistes «Arbeit Macht Frei», que j’ai développée autour de l’idée du travail, de la valeur Travail à une époque de crise et dans notre société de performance, avec une mise en abîme sur la valorisation du travail de l’artiste, sa visibilité, sur ce qu’il doit faire pour exister à travers le regard des autres. Le travail de l’artiste est-il seul gage de sa liberté ou bien est-ce un leurre face au diktat du marché de l’art. Le titre « Arbeit Macht Frei » fait directement référence à cette ambivalence Art/Travail/Marché/Liberté. L’expression « Arbeit macht frei » vient du titre d’un roman de 1873 du philologue allemand Lorenz Diefenbach, dans lequel les joueurs et les fraudeurs trouvent le chemin de la vertu par le travail. La citation est adoptée en 1928 par le gouvernement de Weimar comme un slogan vantant les effets de leur politique souhaitée de grande échelle de travaux publics programmés pour mettre fin au chômage, puis elle se retrouve dans les cercles de la droite nationaliste allemande, ce qui explique son adoption ultérieure par les nazis lors de leur accession au pouvoir en 1933, et leur apposition à l’entrée de certains camps de concentration. Cette expression se retrouve également au Goulag : ainsi, dans les années 1920, on peut voir à l’entrée de l’un des camps des îles Solovki une inscription proclamant « Par le travail, la liberté ! ». Repris par les régimes totalitaires, cette expression vantant les vertus de la réinsertion par le travail est finalement devenue l’archétype même du cynisme appliqué à la liberté individuelle.


Les grandes foires d’art tendent à présenter aux yeux du public une vision de l’Art limitée par les contraintes et impératifs mercantiles de ce type d’exercice. Les galeries présentes ont tendance à ne sélectionner pour les foires que les œuvres qui correspondent à ce qui est attendu du plus grand nombre, appliquant à elle-même une forme d’auto-censure (d’où cette impression de déjà vu que l’on peut avoir lorsque l’on parcourt régulièrement les grandes foires d’art). Une concentration du marché autour d’un nombre limité d’artistes, des œuvres tendant à l’homogénéité et à l’acceptabilité la plus large. L’artiste et son travail s’effacent au profit de l’« œuvre-produit » que l’on vient voir et consommer comme les dernière tendances à la mode. Or, à travers leur hyper-médiatisation, les foires d’art internationales véhiculent aujourd’hui auprès du grand public l’image que l’Art-qui-est-digne-d’intérêt se résume à ce qu’elles présentent, résultant au final à un auto-renforcement du marché autour d’un nombre limité d’artistes. Ces quelques événements internationaux ont tendance à définir dans la société actuelle le cadre normatif de ce qui est attendu comme jadis à Paris le Salon dictait les normes acceptables et les attentes convenues de l’Art de l’époque.


Cette offensive a fait l’objet de la réalisation de photos et de vidéos à des fins de documentation.

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